Audio-Technica ou Pro-Ject : quelle platine choisir ?
Deux platines à courroie, deux philosophies. L'Audio-Technica à 135,99 €, la Pro-Ject à 329 €. J'ai posé la même galette sur les deux et écouté. Voici ce qui les sépare vraiment.
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Si vous débutez et voulez juste écouter vos vinyles sans réfléchir, prenez l'Audio-Technica AT-LP60X (135,99 €) : elle est automatique, branchée elle joue, point. Si vous avez déjà un ampli ou des enceintes amplifiées et que vous voulez entendre la matière du son, la Pro-Ject E1 Phono (329 €) joue dans une autre cour grâce à sa cellule Ortofon. Le reste de la page, c'est pourquoi.
On me pose la question dix fois par semaine : Audio-Technica ou Pro-Ject ? La vérité, c'est que ces deux platines ne s'adressent pas à la même personne, même si elles partagent l'entraînement par courroie et un préampli phono intégré. L'AT-LP60X est conçue pour qu'on l'oublie : on pose le disque, on appuie sur un bouton, le bras se positionne tout seul. La Pro-Ject E1 Phono, elle, demande qu'on s'implique un peu (bras manuel, geste à apprendre) mais elle vous rend ça au centuple sur la qualité d'écoute.
J'ai branché les deux sur le même couple ampli-enceintes, avec un pressage récent de jazz et un vieux 33 tours bien fatigué, pour voir comment chacune se débrouille. Voici ce que mes oreilles ont entendu, critère par critère.
L'entraînement et le châssis : ex æquo, mais pas pour les mêmes raisons
Les deux sont des platines à courroie, ce qui est exactement ce qu'on veut pour de l'écoute. La courroie joue le rôle d'amortisseur entre le moteur et le plateau : elle isole les vibrations parasites et donne ce silence de fond qui laisse respirer la musique. Sur ce point, le principe est identique.
La différence se joue dans la construction. L'AT-LP60X est légère, en plastique, et ça s'entend si vous la posez sur un meuble qui bouge : elle est plus sensible aux pas dans la pièce. La Pro-Ject E1 est de fabrication européenne, plus dense, plus posée. Sur mon vieux disque voilé, la Pro-Ject restait stable là où l'Audio-Technica laissait passer un léger flottement. Rien de rédhibitoire pour débuter, mais c'est le genre de détail qu'on remarque à l'usage.
La cellule de lecture : là où la Pro-Ject creuse l'écart
C'est le cœur du sujet, et c'est là que les 193,01 € d'écart se justifient. La cellule, c'est l'aiguille et tout ce qui transforme le sillon en signal électrique. Sur l'AT-LP60X, la cellule est intégrée et correcte pour le tarif, mais elle n'est pas conçue pour évoluer. Sur la Pro-Ject E1 Phono, on hérite d'une cellule Ortofon OM, un nom qui parle à tous les amateurs, montée sur un vrai bras réglable.
À l'écoute, l'effet est immédiat. Le piano du pressage jazz avait plus de corps, les cymbales ne se transformaient pas en bouillie dans les passages chargés, et il y avait cette sensation d'espace entre les instruments que l'Audio-Technica ne reproduit pas tout à fait. Autre avantage concret : la cellule Ortofon est remplaçable et upgradable, alors que sur l'AT-LP60X vous changez surtout le diamant d'origine.
Une bonne cellule, c'est 80 % de ce que vos oreilles entendent. C'est là qu'il faut mettre l'argent en priorité, pas dans les gadgets.Lucie Fontaine, Ingénieure du son & collectionneuse de vinyles
Le préampli phono : les deux cochent la case, ouf
C'est LA question qui bloque tous les débutants, alors je la pose clairement : une platine ne fait aucun son toute seule. Le signal qui sort d'une cellule est minuscule et déformé ; il faut un préampli phono pour le corriger et l'amplifier avant qu'il rejoigne un ampli ou des enceintes. Bonne nouvelle : les deux platines ont un préampli phono intégré. Vous pouvez donc les brancher directement sur des enceintes amplifiées ou une entrée ligne classique, sans rien acheter de plus.
La chaîne reste la même : platine → préampli phono (ici intégré) → ampli → enceintes. La nuance, c'est que sur la Pro-Ject on peut désactiver le préampli interne pour en utiliser un meilleur plus tard, quand l'oreille devient exigeante. Sur l'Audio-Technica, le préampli est là, simple, efficace, et on n'y touche pas.
Ce qu'on a aimé sur l'Audio-Technica
Lecture entièrement automatique, idéale pour débuter
135,99 €, le ticket d'entrée le plus rassurant
Branchée, elle joue : zéro prise de tête
Là où la Pro-Ject prend le dessus
Cellule Ortofon OM nettement supérieure et évolutive
Châssis lourd, plus stable, fabrication européenne
Préampli interne débrayable pour faire évoluer la chaîne
L'usage au quotidien : automatique contre manuel
Ne sous-estimez pas ce point, parce que c'est lui qui détermine si vous écouterez vos disques tous les jours ou s'ils prendront la poussière. L'AT-LP60X est automatique : un bouton, le bras descend, et en fin de face il se relève tout seul. C'est parfait si vous mettez un disque en faisant la cuisine et que vous ne voulez pas courir au salon. La Pro-Ject est manuelle : vous posez le bras vous-même, vous le relevez à la fin. Ce geste fait partie du rituel pour certains, c'est une contrainte pour d'autres.
Honnêtement ? Si vous savez que vous êtes du genre distrait, l'automatisme de l'Audio-Technica protège votre diamant et vos disques. Si vous aimez l'idée de vous poser dix minutes pour écouter une face en entier, le manuel de la Pro-Ject ne vous gênera pas.
193,01 €d'écart entre les deux
2préamplis phono intégrés
Ortofonla cellule qui fait la différence
Pour qui l'Audio-Technica AT-LP60X ?
Pour le grand débutant, pour le cadeau, pour celui qui hérite d'une caisse de vinyles et veut juste les écouter ce week-end. Pour le budget serré aussi : à 135,99 €, c'est honnête, c'est fiable, et ça ne vous demande aucune compétence. C'est la platine que je conseille les yeux fermés à quelqu'un qui n'a jamais touché une platine de sa vie et qui ne veut pas se prendre la tête.
Pour celui qui a déjà écouté du vinyle et qui sent qu'il en veut plus. Pour celui qui possède un ampli ou des enceintes amplifiées correctes : parce que ce serait dommage de brider une cellule Ortofon avec du matériel bas de gamme derrière. Pour celui qui voit le vinyle comme un loisir de long terme et qui acceptera le geste manuel. C'est un premier vrai pas dans le monde audiophile, sans tomber dans les tarifs déraisonnables.
Je vais être franche : ces deux platines ne se concurrencent pas vraiment, elles se complètent dans le temps. Beaucoup de gens commencent avec une AT-LP60X, prennent goût au rituel, puis passent à une Pro-Ject deux ans plus tard. Si votre budget le permet aujourd'hui et que vous savez déjà que le vinyle va vous accompagner longtemps, sautez l'étape et prenez directement la Pro-Ject E1 Phono. Si vous testez le terrain ou si vous offrez la platine à quelqu'un, l'Audio-Technica reste un choix que personne ne regrette. Le vinyle, c'est un plaisir, pas une course aux specs : choisissez celle qui vous donnera envie d'écouter, tout simplement.
Questions fréquentes
Q
L'Audio-Technica AT-LP60X ou la Pro-Ject E1 Phono pour un débutant ?
Pour un vrai débutant qui veut juste écouter ses disques sans rien régler, l'Audio-Technica AT-LP60X. Elle est automatique, le bras se positionne et se relève tout seul, et elle coûte 135,99 €. La Pro-Ject E1 Phono est manuelle et plus chère : c'est un cran au-dessus, parfait quand on a déjà pris goût au vinyle et qu'on veut une meilleure qualité de son.
Q
Faut-il un préampli phono séparé avec ces platines ?
Non, et c'est leur gros avantage. Les deux ont un préampli phono intégré. Vous pouvez donc les brancher directement sur des enceintes amplifiées ou une entrée ligne d'un ampli, sans rien acheter de plus. La chaîne reste platine → ampli → enceintes. La Pro-Ject permet en plus de désactiver son préampli interne si vous voulez en utiliser un meilleur plus tard.
Q
La différence de prix de 193,01 € se justifie-t-elle vraiment ?
Oui, si la qualité d'écoute compte pour vous. L'écart va surtout dans la cellule Ortofon OM de la Pro-Ject, dans son châssis plus lourd et plus stable, et dans sa fabrication européenne. À l'oreille, on gagne en espace, en détail et en tenue dans les passages chargés. Si vous voulez juste écouter sans chercher la perfection, l'Audio-Technica suffit largement.
Q
Peut-on faire évoluer ces platines plus tard ?
La Pro-Ject E1 Phono est conçue pour ça : sa cellule Ortofon est remplaçable et upgradable, et son préampli interne est débrayable. C'est une platine qui grandit avec vous. L'Audio-Technica AT-LP60X est plus figée : vous pouvez changer le diamant d'origine, mais elle n'est pas pensée pour monter en gamme. Si vous visez le long terme, la Pro-Ject est le choix logique.
Q
Laquelle abîme le moins les disques ?
L'Audio-Technica a un atout pour les distraits : son mécanisme automatique relève le bras en fin de face, ce qui évite de laisser l'aiguille tourner dans le sillon de sortie. Sur la Pro-Ject, manuelle, c'est à vous de relever le bras. Côté qualité de lecture, la cellule Ortofon de la Pro-Ject suit le sillon avec plus de précision, ce qui ménage mieux le vinyle sur le long terme.
Le verdict
Match nul sur le principe, victoire aux points pour la Pro-Ject sur la qualité pure. L'Audio-Technica AT-LP60X (135,99 €) est la meilleure porte d'entrée vers le vinyle : automatique, simple, fiable, sans aucune compétence requise. La Pro-Ject E1 Phono (329 €) est l'investissement de celui qui veut entendre la musique, pas juste l'écouter, grâce à sa cellule Ortofon et son châssis sérieux. Débutant pressé ou petit budget → Audio-Technica. Amateur qui a déjà un ampli et veut durer → Pro-Ject. Aucun mauvais choix, juste deux profils différents.